«Wolf and Sheep»: La «vraie image d’Afghanistan» de Shahrbanoo Sadat
«Wolf and Sheep»: La «vraie image d’Afghanistan» de Shahrbanoo Sadat
Raconter la vie. Tout simplement. Sans pathos ni effets spéciaux. « Wolf and Sheep » (Loup et moutons) incarne le cycle de la vie et de la mort dans les montagnes d’Afghanistan. C’est l’histoire de jeunes bergers d’un village isolé, situé à quatre jours à dos d’âne de la ville la plus proche. Ce film extraordinaire, plein de poésie et de réalisme, est l’œuvre d’une jeune cinéaste afghane de 26 ans. Shahrbanoo Sadat a travaillé huit ans pour réaliser son premier long métrage qui est sorti cette semaine en salles en France. Entretien.
RFI : Comment avez-vous eu l’idée de faire ce film ? C’était lors d’une nuit de pleine lune dans les montagnes ?
Shahrbanoo Sadat : Non [rires]. En fait, je vivais dans ce village où mes parents sont nés. Encore très jeunes, ils ont dû quitter ce village pour partir en Iran où je suis née. Très longtemps, je n’avais aucune idée de l’Afghanistan. Je savais juste qu’il y avait la guerre là-bas et on ne savait même pas qui combattait qui. J’avais seulement des clichés en tête. En 2001, quand il y a eu les attentats du 11-Septembre, le gouvernement iranien a fait pression sur les réfugiés afghans vivant en Iran, par exemple, ils ont refusé de scolariser leurs enfants. Donc, on est reparti en Afghanistan.
Pourquoi ils se sont installés dans ce village ?
Mes parents étaient très jeunes quand ils ont quitté le pays, mon père avait 16 ans et ma mère 14 ans. Le seul lieu qu’ils connaissaient était ce petit village isolé dans les montagnes au centre de l’Afghanistan. Tout d’un coup, je me suis retrouvée au milieu de nulle part, dans cette région très rurale. Mes parents avaient le sentiment de rentrer à la maison, mais ma maison était Téhéran. J’ai vécu sept ans dans ce village, jusqu’à l’âge de 18 ans. Quand j’ai déménagé à Kaboul, je voulais étudier la physique, mais par erreur, j’ai passé l’examen pour le département du cinéma et du théâtre. Un an plus tard, j’ai participé à un stage de trois mois à l’Atelier Varan de Kaboul sur le thème de « cinéma-vérité ». C’est là où j’ai commencé à rêver de faire des films. Ensuite m’est venue l’idée de faire un film sur mon village.
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