Procès Picasso: deux ans de prison avec sursis pour l'ex-électricien et sa femme
Procès Picasso: deux ans de prison avec sursis pour l'ex-électricien et sa femme
L'ex-électricien de Pablo Picasso, Pierre Le Guennec, et son épouse Danielle, ont été condamnés vendredi en appel par la justice française à deux ans de prison avec sursis pour le recel de 271 oeuvres de l'artiste entreposées durant quarante ans dans leur garage.
L'arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence (sud-est) confirme le jugement rendu en première instance en 2015. Lors de l'audience, en octobre dernier, l'avocat général avait requis la même peine en accusant le couple de retraités modestes d'avoir « menti » et refusant de croire à leur version d'un « don ».
Les 180 oeuvres, des dessins, lithographies et collages non signés ni inventoriés au moment du décès du peintre, avaient refait surface lorsque M. Le Guennec, aujourd'hui âgé de 77 ans, s'était présenté au fils de l'artiste, Claude Ruiz-Picasso, afin de les faire authentifier, avec un carnet de 91 esquisses, le tout datant de 1900 à 1932.
Enjeu patrimonial
Les héritiers avaient aussitôt déposé plainte, vu l'enjeu patrimonial. Représentés par Claude Ruiz-Picasso, ils avaient obtenu en première instance de se faire restituer les oeuvres.
« On ne peut qu'être satisfait que la vérité que nous affirmons dès le départ ait été reconnue », s'est réjoui vendredi Me Jean-Jacques Neuer, avocat de Claude Ruiz-Picasso et seul représentant des parties civiles présent à l'audience en appel.
Le lot comprend quelques pépites: des dessins stylisés de femmes et de chevaux, neuf collages cubistes très rares de l'époque de sa collaboration avec Georges Braque, une étude de la « période bleue » ou encore des sujets plus intimes comme des études de sa maîtresse Fernande, des dessins de sa première femme Olga ou un petit cheval découpé réalisé pour ses enfants.
Aucune oeuvre n'est signée ni dédicacée, une façon pour l'artiste de se protéger des vols dans ses ateliers. Les toiles sont restées pendant 37 ans sur une étagère, dans le garage du pavillon du couple dans un village des Alpes Maritimes près du mas de Mougins où Picasso vécut pendant douze ans, avant sa mort en 1973.
(avec AFP)
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