L'origine des feux de Jérusalem, enjeu pour l'indemnisation des sinistrés
L'origine des feux de Jérusalem, enjeu pour l'indemnisation des sinistrés
En quelques jours, quelque 1 773 départs de feu qui ont été recensés par les autorités israéliennes. Une vague d'incendies rare qui battait son plein il y a une dizaine de jours et pour laquelle le pays a dû faire appel à l'aide internationale. Des pompiers palestiniens, turcs, chypriotes, italiens, français ou encore américains sont venus prêter main forte pour combattre ces flammes. Mais alors même que les feux faisaient rage, des interrogations ont émergé quant à l'origine de ces feux.
De notre correspondant à Jérusalem,
Les conditions météorologiques sont probablement le premier facteur d'explication de ces feux. La semaine dernière, un vent fort soufflait sur Israël. La terre était très sèche. L'hiver, et avec lui la pluie, se faisaient attendre. Dans ce contexte, un petit rien pouvait déclencher un incendie ravageur. Un bout de verre sur le sol, reste d'un pique-nique non ramassé, pouvait suffire. Et les conditions météorologiques ont concouru à ce que ces incendies prennent beaucoup d'ampleur. Près de 80 000 personnes ont dû être évacuées de chez elles au cours de cette vague d'incendies. Et des centaines d'habitations ont été réduites en cendre.
Mais dès jeudi 1er décembre, alors que la troisième ville du pays, Haïfa, voyait les feux atteindre plusieurs de ses quartiers, le gouvernement israélien évoquait la piste criminelle pour expliquer l'origine de ces feux. Ce qui était au départ une catastrophe naturelle avait inspiré, disait l'exécutif, des actes à visée « nationaliste », autrement dit des militants de la cause palestinienne. Et le Premier ministre Benyamin Netanyahu promettait de traiter ces départs de feu volontaires comme des actes de terrorisme.
Incendies naturels, accidentels ou criminels ?
Sur le sujet, la police et les pompiers se veulent très prudents, en retrait du gouvernement. 1 773 départs de feux ont été recensés. Et sur ce nombre impressionnant, 25 sont considérés comme pouvant être des incendies volontaires. Mais la police estime qu'il est trop tôt pour dire combien d'incendies on été déclenchés intentionnellement et pour quel motif. Elle se refuse pour l'instant à évoquer l'hypothèse d'un pyro-terrorisme ou d'une « Intifada du feu », l'expression ayant émergé lors de cette vague d'incendies.
Pour autant, pas question d'écarter la piste criminelle. Dans le cas de l'un de ces sinistres qui a touché une colonie israélienne en Cisjordanie, il existe une vidéo montrant un homme allumant le feu. A Nataf, à une trentaine de kilomètres de Jérusalem, des restes de bouteilles pouvant être des bombes incendiaires lancées depuis les Territoires palestiniens ont été retrouvées. Mais les enquêteurs précisent qu'il sera bien souvent difficile de déterminer avec certitude l'origine des incendies et probablement plus encore de retrouver les fautifs. Actuellement, une trentaine de personnes est en détention dans le cadre de ces enquêtes. Tous sont Palestiniens ou Arabes israéliens.
L'origine des incendies a une importance pour les sinistrés
Si le caracatère terroriste est retenu, les sinistrés peuvent bénéficier de l'aide d'un fonds d'aide aux victimes du terrorisme, ce qui n'est pas le cas s'il s'agit d'un incendie naturel, accidentel ou même volontaire mais sans visée nationaliste. Le Trésor public a d'ores et déjà publié une liste de lieux qu'il considère comme touchés par des incendies à caractère terroriste et dit s'être appuyé pour cela sur des avis de la police. Mais policiers et pompiers rappellent que les enquêtes sont toujours en cours et mettent en garde contre des conclusions hâtives. Certains sinistrés pourraient se retourner vers la Cour suprême s'ils s'estiment victimes de traitement inégal.
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