Ads Top

A la Une: la traque

AFP

    L’homme suspecté de l’attentat au camion bélier de Berlin qui a fait 12 morts et 48 blessés lundi soir, a donc désormais un nom, Anis Amri, un tunisien de 24 ans, et un visage, reproduit dans la plupart des journaux ce matin.
    « Toutes les polices d’Europe le recherchent, pointe Le Parisien, mais les services antiterroristes allemands le connaissaient déjà. Et une question préoccupante se pose : comment Anis Amri a-t-il pu passer à travers les mailles du filet alors qu’il avait l’intention de perpétrer un attentat ? Le fugitif, considéré comme très dangereux et sans doute armé, était fiché par le centre de lutte antiterroriste comme 'personne menaçante', c’est-à-dire susceptible de passer à l’acte. (…) Malgré une surveillance téléphonique, la police allemande avait perdu sa trace en décembre. Anis Amri a réussi ainsi à plonger dans la clandestinité (…). Pourquoi n’a-t-il pas été mieux surveillé ?, s’interroge encore Le Parisien. Pour les syndicats de police, le manque de personnels est un gros handicap pour l’observation de ces personnes fichées qui menacent la sécurité du pays. Et ils sont plusieurs centaines en Allemagne… »
    Comment en est-on arrivé là ? « L’Allemagne a-t-elle tardé dans sa prise de conscience de la menace islamiste ?, s’interroge Le FigaroDans les années 1990, le pays ne s’en préoccupait guère, et la 'cellule de Hambourg', où se préparaient les attentats du 11 Septembre à New York, a pu agir sans être repérée. Le pays, qui n’a pas de passif colonial avec le monde arabe et qui n’a pas participé à la guerre en Irak, se croyait étranger et épargné par la 'guerre de civilisation' qui oppose les extrémistes à l’Occident. » Qui plus est, poursuit Le Figaro, « la population turque, qui compose l’essentiel de la communauté musulmane, ne nourrissait pas de ressentiment à l’égard de la population allemande. Les recrues potentielles pour le djihad en ses rangs étaient peu nombreuses. Enfin, la chancelière Angela Merkel avait adopté des positions ouvertes, en déclarant notamment que 'l’islam faisait partie de l’Allemagne'. Mais, conclut Le Figarol’esprit de tolérance fait sans doute aussi partie des cibles des terroristes. »
    Quelles solutions ?
    Comment mieux lutter contre le terrorisme islamiste en Europe ? Le débat se poursuit… Pour Ouest France, « l’actualité tragique de Berlin nous rappelle, si besoin en était, que le djihadisme ignore les frontières. Une carte d’identité biométrique avec un standard unique pour tous les États de la zone Schengen serait, estime le journal, un élément utile sur ce plan, comme sur celui plus général de la lutte contre la criminalité. »
    Par ailleurs, « la solution pourrait venir d’une véritable politique de Défense européenne, estime pour sa part Le Journal de la Haute-Marne. Mais il ne faut pas rêver. Pourtant, il n’est pas normal, peste le quotidien champenois, que la France soit pratiquement la seule dans l’Union à combattre le djihadisme en Afrique. Ce faisant, elle assure la sécurité de l’Europe à moindres coûts pour ses alliés. Le hic est que l’heure est plutôt au chacun pour soi. Bonne chance au futur chef de l’Etat ! »
    En tout cas, attention aux amalgames, prévient Libération. Pas question, pour le journal, de parler de « guerre de religion », formule utilisée notamment par Donald Trump. « L’idéologie de l’EI est évidemment une dérive pathologique du fondamentalisme musulman. Mais justement, pointe Libération, cette dérive révulse une grande majorité des musulmans à travers le monde. La guerre de l’Etat islamique, autant que contre les 'croisés' (les chrétiens), les juifs ou les incroyants, est dirigée aussi contre les musulmans qui réprouvent son idéologie. Une grande partie des attentats aveugles qu’il parraine ou qu’il organise frappent des populations musulmanes. Rejeter la masse de croyants de l’islam du côté de Daech en parlant d’une 'guerre de religion', c’est, conclut Libération, faciliter le recrutement des djihadistes et affaiblir d’autant la cause de la démocratie. »
    Le chef de la grande Muette donne de la voix
    C’est dans ce contexte de menace terroriste que le chef d’Etat-major des armées françaises, le général de Villiers, a publié hier dans Les Echos une tribune remarquée… Remarquée, tout d’abord dans la forme. Parce qu’il est rare qu’un militaire, fût-ce le premier d’entre eux, vide son sac en public. Et dans le fond. Parce que son message est très clair… « Le prix de la paix, dit-il, c’est l’effort de guerre » : « reprenant un message qu’il égrène depuis plusieurs mois, le général Pierre de Villiers plaide, relève Le Figaro, pour un nouvel effort budgétaire en faveur des armées. 'Cet effort doit se traduire par une hausse progressive du budget de la défense pour rejoindre la cible des 2 % du PIB, avant la fin du prochain quinquennat', souligne le chef d’état-major des armées dans son texte où chaque mot est pesé. 'Cet effort ne pourra être ni allégé ni reporté', ajoute-t-il. Pour le général de Villiers, la 'première marche d’une remontée en puissance' devrait se concrétiser dès le budget 2018. Plus tardive, cette 'marche' serait inévitablement plus haute, et donc plus difficile à gravir… »
    En fait, commente La Voix du Nord, « Ã  la différence de François Hollande, le général de Villiers sera encore en fonction après mai 2017. Son message s’adresse donc beaucoup plus au futur président pour que l’objectif d’un budget de la défense égal à 2 % du PIB soit atteint 'avant la fin du prochain quinquennat'. »
    En fait, précise Libération, « si Pierre de Villiers, qui n’est pas une grande gueule, sort de sa réserve aujourd’hui, c’est surtout pour mettre en garde François Fillon, le candidat de la droite, dont le programme prévoit une baisse drastique des dépenses publiques et donc, forcément, des crédits militaires. A quelques mois de l’élection présidentielle, le chef d’état-major des armées cherche clairement à se positionner et à préserver ses moyens. Et il n’a pas tout à fait tort, estime Libération. D’autant que la France (et l’Europe tout entière) se trouve confrontée à un ordre mondial en plein chamboulement et à une menace qui mute, l’actualité le montre tous les jours. »
    Secret, calculateur…
    Enfin cet éditorial au vitriol dans La Croix sur la situation en RDC…
    « S’il est une région du monde où les chefs d’État s’incrustent sans vergogne au pouvoir, c’est bien l’Afrique centrale. (…) Au cÅ“ur de cette région, la République démocratique du Congo ne fait, hélas, pas exception, pointe le quotidien catholique. Le mandat du président Joseph Kabila a expiré mardi 20 décembre mais celui-ci reste en place, quinze ans après avoir succédé à son père assassiné. Secret, calculateur, poursuit La Croix, et figure de proue d’une famille qui ne cesse de s’enrichir, il n’a pas su sortir du sous-développement un pays regorgeant de richesses naturelles et minières mais dont 80 % de la population vit sous le seuil de la pauvreté absolue. Son obstination provoque la colère d’une large partie de la population et plonge le pays dans l’inconnu. »

    Aucun commentaire:

    Fourni par Blogger.